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Les éditions Desnel au Marché de la Poésie

par Véronique Larose, "Ecrit Créole"

mardi 4 juillet 2006, par Desnel

Dossier ECRIT-CREOLE.COM Juin 2006
> section « IDENTITES »

Les Editions DESNEL
Au Marché de la Poésie 2006 :
Pour une oralité poétique

Le Marché de la Poésie 2006 s’est tenu Place Saint-Sulpice. Les Editions DESNEL vous invitaient, via leur stand, à une découverte poétique autour des recueils « Hurricane, cris d’Insulaires » (éd. DESNEL - 2005) et « Prosopopées urbaines » (éd. DESNEL - 2006). Ce dernier recueil a été coordonné par Suzanne DRACIUS, « auteure marronne ».

1. Les Editions DESNEL au Marché de la Poésie 2006 : le compte-rendu enthousiaste de Félicien JERENT
« De service pour cette soirée », Félicien JERENT nous livre son ressenti :

« Echo de la manifestation organisée par les éditions DESNEL, représentées par leur Directrice littéraire Suzanne DRACIUS, le 16 juin 2006 au stand H9, dans le cadre des événements et animations du Marché de la Poésie - Place Saint Sulpice, du 15 au 18 juin 2006.
Le vendredi 16 juin 2006, les Editions DESNEL et Suzanne DRACIUS ont accueilli un public réceptif pour une présentation-déclamation autour de l’anthologie poétique « Prosopopées urbaines », avec la présence de certains auteurs. Cet ouvrage réunit des auteurs « urbains » : René DEPESTRE, Birago DIOP, Suzanne DRACIUS, Jalel EL GHARBI, Jacques FUSINA, May LIVORY, Max RIPPON, Amadou L. SALL, Umar TIMOL, etc. Cet événement a démarré avec l’intervention des deux grands poètes haïtiens invités d’honneur : René DEPESTRE et Jean METELLUS, deux compagnons d’études, heureux de se retrouver à cette occasion ! René DEPESTRE a donc évoqué une rencontre qui remontait à pas mal de temps avec Aimé CESAIRE, Jean METELLUS et lui-même. René DEPESTRE et Jean METELLUS en ont ainsi profité pour rendre un hommage au poète martiniquais, démarche à laquelle je me suis joint. J’ai ensuite interprété un texte de René DEPESTRE : « Fable pour la ville de Narbonne », où le poète a vécu. Puis, en duo avec Jean METELLUS, nous avons déclamé son poème « JACMEL », en hommage à la ville haïtienne dont il est natif. Puis, j’ai poursuivi avec l’interprétation de 3 poèmes de Suzanne DRACIUS :
- « Anamnésie propitiatoire* » : allusion aux événements de banlieue en novembre 2005 [ *en grec : « anamnêsis », le souvenir - en latin : « propitius », propice, opportun ]
- « Pointe des Nègres » : quartier de Fort-de-France où débarquèrent les esclaves déportés d’Afrique
- « Terres-Sainville » : ville natale de Suzanne DRACIUS

Certains médias étaient présents : RCI, FRANCE O, ATV, FRANCE-ANTILLES. René DEPESTRE, Jean METELLUS, Suzanne DRACIUS et moi-même avons été interviewés. J’ai pu rendre hommage au poète Aimé CESAIRE, à l’approche de son anniversaire, le 26 juin, pour ses 93 ans. Pour l’anthologie « Prosopopées urbaines », Aimé CESAIRE a justement accordé un riche entretien à Suzanne DRACIUS. La manifestation s’est achevée dans la convivialité d’un « pot de l’amitié » antillais. Le public a su apprécier cette chaleureuse manifestation. »

Félicien JERENT - le 19 juin 2006

2. Félicien JERENT, en quelques mots : ses implications
Félicien JERENT est comédien et poète. Il aime à déclamer avec une gestuelle bien à lui ses textes, lors de manifestations associatives : « Nèg-la pa mo kan menm », « L’Echo de la Mer » et bien d’autres, aux titres évocateurs. Ses poèmes ont une tonalité mémorielle. Citons son poème « Toi, mon Héros » est un remerciement à Delgrès et ses hommes de courage : « Tu as proclamé que la résistance à l’oppression est un droit naturel. [...] Je vous accorde cette larme de gratitude et de respect / pour tous ces malheurs/ Aujourd’hui de deux cents après/ Voici en offrande mon respect et mes remerciements » (Félicien JERENT - mars 2004 : co-auteur avec Ferdy AJAX du recueil « Au nom de la Liberté » paru aux éd. IDOM en 2005). Félicien JERENT fait aussi partager la portée identitaire de poètes afro-caribéens, tels que le poète guyanais Léon Gontran-Damas « Limbé » (« Rendez-moi mes poupées noires... »). Félicien JERENT s’inscrit donc dans une démarche littéraire qui décloisonne les genres : pour faire de la parole créole un vecteur de vie, par la poésie, le théâtre et les déclamations publiques. Une façon de s’approprier, volontairement, les mots. Il se définit lui-même : « acteur de notre parole », « comédien-poète diseur ».

Mon coup de cœur : Félicien JERENT a écrit un poème-mémoire pour la Mulâtresse Solitude, un poème « Potomitan » : « tu as repris le flambeau ».

Véronique Larose, MAJ juin 2006