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TOXIC ISLAND

le nouveau roman d’Ernest Pépin

mercredi 17 mars 2010, par Desnel

TOXIC ISLAND

Résumé du roman :
Superstition, sexe, oisiveté, drogues, alcool et fêtes à gogo : le quotidien d’un aréopage de jeunes, parmi les plus vulnérables laissés en marge de la société, dans cette île paradis où bouillonnent des flots de colère, d’espoir, de désespoir, d’amour, d’humour, mais surtout d’une totale amnésie collective sur le fondok du pays natal.

Ce roman, Toxic Island, œuvre de fiction de l’écrivain guadeloupéen Ernest Pépin, présente — mais pas seulement — la face la plus complexe du pays, qui serait entré dans la modernité en faisant table rase de son histoire et de son passé, et qui, lors d’explosions de violence, de façon sporadique, appelle au questionnement mais retombe aussitôt après dans l’oubli…

TOXIC ISLAND
Prix : 17,80 euros
Avril 2010
ISBN : 978-2-915247-28-2
184 pages
21 x 14 cm.

Bio auteur :
Ernest Pépin, né en 1950 en Guadeloupe, est l’auteur d’une œuvre poétique et romanesque remarquée. Il a publié notamment L’Homme au bâton (1992), Tambour-Babel (1996) et Le Tango de la haine (1999) aux éditions Gallimard, ainsi que Cantique des tourterelles (Ecriture, 2004).

En savoir plus sur l’auteur Ernest Pépin : cliquer ici

Incipit du roman d’Ernest Pépin Toxic Island :
Je me sentais léger en ces temps désolés
où la modernité massacrait l’île. Un lot d’affiches
publicitaires avaient poussé sans bruit,
parasitant la verdure, rendant aveugles les
arbres, soumettant les carrefours à la loi du
marché pour vanter de manière incongrue tel
ou tel produit des supermarchés, tel ou tel crédit
dont l’offre se voulait alléchante, telle ou telle
voiture avec laquelle on pouvait faire le tour du
monde, le monde lui-même au bout des ailes
d’avions. Je me sentais peinard dans ce maquis
des débrouilles où chacun tirait son diable en
croyant que la vie se résumait à acheter, à baiser
la fourmilière des femmes, à coquer comme
ils disent du matin au soir et du soir au matin,
à paraître mannequin au lieu d’exister en
plénitude. C’était cela le temps que l’on m’avait
légué et je faisais avec, du haut de ma jeunesse,
et même parfois, je n’enviais aucun roi parce que
mon royaume, à moi, relevait de l’invisible et des
franges marginales où coulaient la drogue, le
sexe et le rhum au gingembre. Petites arnaques
à droite. Petites arnaques à gauche. Ma vie, à
moi et celle de mes copains, se remplissait de
rires, de risques majeurs, de cette vitesse sans
frein que ne connaissent que les foutépamal.
Autrement dit ceux qui s’en foutent.

© Desnel 2010

Le roman Toxic Island d’Ernest Pépin est dans la sélection finale pour les Trophées des Arts afrocaribéens 2010.