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La femme, un roman de plus de 69 pages

Premier roman d’Alexandre Cadet-Petit

vendredi 29 février 2008, par Desnel

Les écrivains du passé réputés misogynes que sont Sacha Guitry et Guy de Maupassant, — analyste de la nature féminine dans des œuvres comme Une vie, "Boule de Suif" ou "Mademoiselle Fifi" —, ont été, paradoxalement, pour l’auteur de La femme, un roman de plus de 69 pages, des féministes qui s’ignorent… désavouant l’artificialité et la bêtise au masculin qui modifie de part et d’autre le rapport hommes femmes. De ce roman, en fin de lecture, ressort un changement sensible de la part de l’homme d’aujourd’hui, laissant augurer favorablement du futur.

« Lorsque je me suis rhabillée, j’ai compris en un instant quel pourrait être mon engagement personnel ». Gustave Flaubert écrit dans sa préface de Madame Bovary que son roman était pour lui une manière d’en finir avec sa période romantique. La femme, un roman de plus de 69 pages tente un constat post-romantique et laudatif sans être dithyrambique, en ce début du 21ème siècle où l’on vient de fêter un demi-siècle de la mort de Sacha Guitry, lequel, dans ses écrits, aurait plutôt dénoncé les « excès » ou les « travers » de la gent féminine… La misogynie, d’après l’auteur de ce roman — venant comme une ode à la femme d’aujourd’hui —, serait née avec Maupassant et aurait forci avec Guitry. « Je possède sur les autres un pouvoir. Et je n’en saisis pas encore l’exacte nature. Il me faut l’utiliser. Ce goût pour l’amour des autres n’est pas chez moi une passade. Quand j’ai donné du plaisir, je ressens une paix intérieure où se réalise l’unité. Dans ce bien-être intense, je ne perçois plus, durant un temps long, mes limites corporelles. Ma peur cependant est toujours de me dévouer à autrui… Ce serait combler mes propres béances sans les approfondir par moi-même ». En 69 pages et plus, le roman d’une femme s’écrit chaque jour dans sa rencontre avec l’Autre, ses amours, son sexe exigeant, sa vie sociale et un rêve d’enfant… jamais mené à terme dans le tourbillon d’une vie exceptionnelle et à la fois mortifère. Le roman d’un homme qui aime la Femme, et pas seulement « toutes les femmes », nourri du Deuxième Sexe, en cette année du centenaire de Simone de Beauvoir.

Format : 22 x 14 cm
Nombre de pages : 288 pages
ISBN : 978-2-915247-16-9
Prix de Vente public : 20,00 euros
Parution : mars 2008

Le mot de l’auteur :
Le titre de ce roman indique avec le sourire une nécessité : un dépassement. Dépasser les images éculées de la femme qui subsistent encore. Aujourd’hui la femme inscrit effectivement sa vie en bien plus de 69 pages. Au fil des 300 pages de ce roman, j’invite à découvrir les parcours singuliers de quelques personnages plongés dans le monde actuel. En trois mois et demi d’un temps daté et balisé, les actions racontées au grand jour et les points de vue consignés dans leurs journaux intimes par certaines des héroïnes construisent la trame d’un suspense qui s’épaissit de plus en plus, et questionne. Et tout va vite. Belles ou tragiques, des personnalités se construisent dans un temps personnel en accélération permanente, un peu comme il en est des séquences du cinéma contemporain.
Vous l’avez compris, ce livre n’est pas un essai sur la femme. C’est un roman. L’occasion de raconter des histoires : des trajectoires humaines imaginées ou interprétées, quelque part sous les tropiques, le tout teinté d’un humour presque picaresque et plein de tendresse. Il m’est arrivé de beaucoup rire et même de pleurer en l’écrivant.
En tout cas, des vies telles qu’imaginées s’étalent naturellement, sans fards, dans l’euphorie des ambitions, des empêchements, jusqu’à dans la plus étroite intimité des plaisirs érotiques.
Dans une accélération de temps personnels, comme il en est pour les séquences du cinéma contemporain (et Almodovar que j’aime tout particulièrement), au fil de ces quelques 300 pages, des vies se révèlent crûment, s’entrecroisent et apportent l’inattendu, le suspense.
Mais cela reste et ne se veut qu’un roman, c’est-à-dire une occasion de raconter une histoire : des trajectoires humaines à travers des faits grands ou petits de la vie quotidienne.
Je ne cherche pas à suivre une doctrine littéraire particulière. Pas de doctes théories sur le langage. Aucune priorité donnée à une esthétique consacrée.
S’il était pourtant besoin d’évoquer une référence romanesque, parce que j’en ai gardé de bons souvenirs, je dirais en toute modestie que, un peu comme il en est pour Stendhal, c’est plutôt un roman où le lecteur rencontre des traces assez fortes d’une humeur communicative en toute liberté. Un simple « parler la vie » sans se prendre la tête.
Cependant le microcosme en action dans le roman pose quelques questions :

- Comment les femmes et les hommes actuels produisent-ils de la relation ?

- Les images projetées par la société contemporaine développée, avec ses priorités marchandes, sociales ou politiques, produisent-elles ou pas de nouveaux liens et de nouveaux réflexes ?

- Quelles interférences entre ces questionnements et les trajectoires des personnages symboliques du roman ?

- Dans ce cas, quelles communications ou modes de communication se défont ou se forgent aujourd’hui entre les personnages et les sexes ?

- Est-ce que les trajectoires projetées dans cette histoire se rapprochent de certaines expériences rencontrées dans la vie réelle des lectrices et des lecteurs ?

Alexandre Cadet-Petit
Martinique, février 2008